Caroline Simard

Étant stimulée l’ambigüité disciplinaire artistique et leurs spécificités, je m’intéresse à la peinture dans un processus sculptural. J’emprunte un langage et des techniques propres au domaine de la création tridimensionnelle : le moule, sa matérialité et la notion d’empreinte. J’utilise la toile de bois comme matrice de moulage, le négatif devient l’endroit pour peindre et construire l’oeuvre.

L’un des aspects du moulage comporte l’acte répété, donnant ainsi une production sérielle. Pourtant, l’unicité des toiles est mise de l’avant dans ma production. La matérialité de la matrice , toujours constante, les vestiges des anciennes coulées, les déformations physiques et la monstration parfois exhaustive des matériaux utilisés sont des éléments qui nous rapportent à  des notions de sculpture. D’un autre point de vue, l’exposition en frontalité, d’une composition désirée et formelle,  d’une pigmentation intégrée et d’une gestualité semble davantage rapporter aux standards des peintures traditionnelles. Le basculement de l’une à l’autre de ces deux disciplines artistiques peut se faire rapidement et c’est leur présence simultanée qui provoque une tension dans le ou les tableaux exposés.

La gestualité matérielle des actions est confinée aux moules à l’instar d’une picturalité qui propose parfois un hors-champ. Ainsi limitées à la forme du moule, les tableaux misent sur les textures imprégnées. Le processus de fabrication se voit ainsi renversé et effectue une construction inversée du sens commun se rapportant à la peinture : l’oeuvre se construit par empreinte et la perspective par superposition matérielle. Les images créées connotent le processus du faire, évoquant la gestualité corporelle de l’artiste mais abordent le paysage par l’horizontalité des  compositions.  Le tout créant et représentant le négatif du processus pictural.

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